L’inaccessible étoile…

Le Saint-BoscCet article est paru dans le dernier numéro du 650, bulletin n°35 d’octobre 2013 de la Confrérie des 650. Il a été aussi complété pour La Draille, petit journal informel d’une bande de copains randonneurs à bicyclette… Voici pour vous cet article complet…                               « Qui n’a pas rêvé, dans sa vie de touriste à bicyclette, de posséder une belle randonneuse dite « à la française » construite par un grand couturier du cycle, comme ils sont appelés dans le milieu bien informé ? Singer, Herse, Follis, Berthoud, Cattin, Routens, Saint-Martin, Rando-Cycles, Vagabonde Cycles, la Confrérie des 650… et j’en oublie bien sûr.

Certains ont disparu comme Follis, d’autre repris par les américains comme Herse, pourtant les artisans du cycle haut de gamme, grâce à cette niche, résistent à la crise lorsqu’ils construisent du matériel de grande qualité. Je n’oublie pas, surtout pas, l’excellente opération « Chiche » de la Confrérie des 650 qui, avec son beau modèle « Cévennes », a trouvé le juste rapport « qualité/prix ».

Pour ce qui me concerne, j’ai toujours rêvé d’une belle randonneuse Alex Singer, le célèbre constructeur du 53 de la rue Victor Hugo à Levallois-Perret en banlieue parisienne. Parvenir à ce rêve est difficile sinon impossible pour moi, d’autres choix de vie sont faits et la randonneuse de prestige de ne rester… qu’un rêve !

Oui, un rêve certes, mais, parfois le hasard peut faire bien évoluer les choses… Il suffit qu’un ami proche lance à la cantonade qu’il vend une randonneuse Alex Singer d’occasion… et moi, de prêter une oreille intéressée. C’est alors que je m’entends « à l’insu de mon plein gré » prononcer la phrase suivante « Tu ne peux vendre cette randonneuse qu’à moi ». C’est péremptoire, définitif, impératif, obligatoire, incontournable, bref, c’est fait ! Et moi, pris à mon propre piège !

Il se trouve, par chance, que la randonneuse en question est à ma taille, fabriquée, en 1981, pour le cadre par Roland Csuka, un artiste du chalumeau, aujourd’hui disparu. Elle est de couleur bleue, une des couleurs originelles des cycles Alex Singer. Elle a été remise en état par le vélociste de Levallois, Ernest Csuka avant son décès, voilà quelques années… Bref, du beau matériel ! L’ancien propriétaire, un jeune parisien, par ailleurs non membre de la Confrérie des 650, collectionneur de vélos « vintage » comme on dit aujourd’hui, lui a donné un nom… le Saint-Bosc, en hommage à Henri Bosc, fondateur en 1995 et Président d’honneur aujourd’hui, de la Confrérie des 650. Il en est « l’apôtre » bien connu du milieu de la belle randonneuse « à la française ». Je lui conserverai cette appellation ayant pour Henri grand respect et amitié.

DSCN0418L’inaccessible étoile est arrivée chez moi le samedi 20 juillet 2013, brillante dans sa belle robe bleue et un peu moins inaccessible de ce fait. Elle est là, devant mes yeux, rutilante, prête à une petite balade afin de goûter sa qualité cycliste. Je la caresse longuement, après quelques réglages, je l’enfourche et roule de plaisir… !

La qualité de roulement est quasi parfaite grâce aux moyeux maxi-car, dont la fabrication a aujourd’hui disparue. Notre balade, avec Régis et son amie, dans le Val de Loire, sur un petit kilométrage de 40 km, est un vrai moment de plaisir. Le « Saint-Bosc » se comporte à merveille… Je me l’approprie définitivement en le nettoyant à fond, en le lustrant, en le graissant, en approfondissant notre connaissance mutuelle pour une utilisation sans nuage. Je suis heureux ! Je roule sur un vélo Alex Singer…

L’inaccessible étoile m’appartient… Mon rêve est réalisé !

Depuis, une sacoche de guidon de la marque « Sologne » disparue en 1983, reprise par la maison Berthoud, trône sur le devant du cintre… du plus bel effet ! Cette sacoche a été achetée en 1983, avant la fermeture de l’atelier de Romorantin, et mise en conservation plusieurs années avant de trouver, tout naturellement, sa place définitive. »

http://www.cycles-alex-singer.fr/

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