Le Col du Parpaillon : « Cap Horn » du tourisme à bicyclette.

Une reprise d’un article du blog « carnet de randonnée »… en date du 04 août 2008.

C’est un lieu historique du cyclotourisme français, ignoré depuis bien des années par le milieu fédéré au cyclotourisme décadent. C’est une ignorance obligée compte tenu du matériel de compétition utilisé aujourd’hui à tort pour le tourisme à bicyclette ce qui interdit l’accès aux cols muletiers. Pourtant son histoire est remarquable avec la visite en 1901, après sa construction, de cyclotouristes français. En 1903 et 1909, Paul de Vivie, dit Vélocio, « inventeur » du cyclotourisme, a franchi, avec ses amis, le tunnel du col du Parpaillon donnant toutes ses lettres de noblesse à un site devenu depuis mythique pour les quelques randonneurs à bicyclette que compte encore, aujourd’hui, le milieu.

Le tunnel du Parpaillon a été construit entre 1891 et 1898 pour permettre la jonction des vallées de l’Ubaye et de la Durance… « Il a été ouvert par les troupes du Génie Militaire comme beaucoup de passages jalonnant la grande traversée des Alpes. La chance du Parpaillon est de s’être trouvé en concurrence avec le col de Vars permettant de relier les mêmes vallées mais à une altitude inférieure de 500 mètres. Lorsque le goudron a fait son apparition, c’est tout naturellement que le col de Vars en a été gratifié ! Le col du Parpaillon est donc un des derniers témoins car non goudronné de ce que pouvait être un grand col alpin avant l’ère de l’automobile… » (Source : René Poty – Club des 100 Cols).

Trois amis randonneurs à bicyclette : Régis le plus jeune, Luc le moins vieux et Jean-Pierre le plus ancien ont attendu la fenêtre météo favorable pour « attaquer », au départ de Jausiers, par son côté Sud-Est, ce géant qu’est le col du Parpaillon et son tunnel légendaire…

Le miracle météorologique s’est produit le mardi 29 juillet 2008. C’est à 5h45, que nos amis ont pris la route en direction de la Condamine-Châtelard, afin d’emprunter la petite route puis le chemin qui mènent au col… 17,2km de montée, 7,87% de rampe moyenne, 10% maxi, 1355m d’élévation.

La rampe est difficile sur les six premiers kilomètres depuis La Condamine avant d’atteindre la chapelle Sainte Anne. Après la chapelle, la route goudronnée se transforme en un affreux chemin de terre et surtout de pierres, tant il est défoncé par les 4X4, quads et autres motos tout terrain. Nous avons même croisé la tôle de protection d’un carter moteur d’une simple automobile de touristes… c’est dire l’état de ce chemin qui, depuis 1898, était reconnu comme un itinéraire tout à fait cyclable pour des bicyclettes de type « randonneuses », y compris chargées de sacoches, pour l’autonomie, comme les nôtres… !!!


Photo jpc, Luc et Régis sur le pont précédant la cabane du Grand Parpaillon.

A l’office de tourisme de Jausiers, nous avions découvert, sans plus d’inquiétude, que cet itinéraire était un circuit VTT de « couleur noire » donc considéré comme « très difficile »… et nous, avec nos bicyclettes et nos sacoches, chargés comme des mulets, nous étions en pleine ascension… il faut dire le plus souvent « à pied »…

Arrivé au tunnel, à 2637m, Luc n’a pas manqué de tenir sa parole en déployant au dessus de l’entrée le drapeau tibétain en soutient à un peuple opprimé…

Photo jpc, le tunnel du Parpaillon « coiffé ».

Après moult photos, nous nous sommes engagés dans le tunnel, avec les lampes électriques, cependant munis de sacs poubelles aux pieds pour éviter de prendre l’eau dans les innombrables trous qui jalonnent la traversée longue de 468 mètres.

Photo de Régis, Jean-Pierre aux pieds « poubellisés ».

Au beau milieu du tunnel, nous avons dû nous coller à la paroi pour laisser passer un énorme 4X4 américain, immatriculé aux States, aux 6 phares aveuglants, conduit par un « cow-boy » de 150kg… Vous imaginez notre état d’esprit à ce moment là !

Après le franchissement, relativement facile, du tunnel, nous avons grimpé au col « réel » (2783m) situé au dessus. Ensuite, nous avons gagné le col de Girabeau (2488m) où, après le déjeuner, nous avons dû prendre la décision, réfléchie, de retourner à Jausiers en franchissant une seconde fois le tunnel, la météo devenant menaçante et le chemin complètement défoncé nous faisant craindre la casse de matériel. Notre balade, envisagée sur deux jours avec un bivouac au col de la Coche, est remise à une autre fois…

Nous avons cependant un grand regret, celui de ne pas être descendus jusqu’à Crévoux pour signer « le Livre d’Or » du Parpaillon. Nous avons préféré la prudence à la galère… savoir renoncer en montagne est une preuve d’intelligence responsable… ce sera pour une prochaine fois, peut être !

Mais, quel merveilleux périple, au milieu d’une nature sauvage parmi le peuple des marmottes… et aucun incident technique à déplorer avec l’utilisation d’un matériel apte à la randonnée !

Laisser un commentaire