Le casque vélo est-il dangereux ?

Le casque vélo est-il dangereux ?

La science confirme aujourd’hui que les automobilistes frôlent de plus près les cyclistes qui portent un casque vélo. Porter un casque vélo peut dès lors être un facteur aggravé de collision avec une voiture.

Dès 2014, nous en parlions dans un article devenu « célèbre » (plus de 50.000 vues!) intitulé « Pour en finir avec le casque vélo« : « le casque vélo envoie un mauvais signal aux automobilistes: il leur fait croire que le cycliste est protégé, ce qui relâche leur vigilance et peut les amener par exemple à moins respecter la distance minimale entre le cycliste et leur voiture ou à ne pas limiter assez leur vitesse à l’approche d’un cycliste. »

En effet, il semble bien que les automobilistes respectent moins les distances de sécurité avec les cyclistes portant un casque vélo, confirme un article publié aujourd’hui par le psychologue britannique Ian Walker et la statisticienne australienne Dorothy Robinson.

Dans son étude, le Dr Walker a utilisé un vélo équipé d’une caméra et d’un appareil de mesure de distance. Il a enregistré les données de 2 500 conducteurs qui l’ont croisé sur les routes à proximité de son lieu de travail, l’Université de Bath. La moitié du temps, il portait un casque vélo et l’autre moitié, non. Les résultats ont montré que les automobilistes avaient tendance à le dépasser de plus près lorsqu’il portait un casque. De tels dépassements dangereux peuvent conduire à des collisions, des collisions qui peuvent entraîner des blessures et la mort – et pas à ceux qui sont coupables de ces dépassements dangereux.

Walker a suggéré que les conducteurs croient que les cyclistes qui portent un casque sont plus sérieux, plus expérimentés et plus prévisibles que ceux qui n’en portent pas et que, par conséquent, les automobilistes les dépassent avec moins de prudence. Les conducteurs peuvent aussi supposer à tort que les casques vélo – habituellement faits de polystyrène expansé – sont des formes d’armure qui protègent les cyclistes en cas d’impact avec un véhicule automobile. Les casques de vélo ne sont pas conçus pour de telles collisions (ils ne protègent même pas contre les commotions cérébrales).

Walker estime que le port d’un « équipement de protection individuelle » (EPI) est l’option la moins efficace pour faire face aux dangers potentiels, l’EPI « ne doit être utilisé qu’une fois que les efforts pour neutraliser le danger par élimination, substitution, ingénierie et contrôles administratifs ont échoué« . Il préfère l’approche hollandaise : séparer les automobilistes et les cyclistes. Des pistes cyclables plutôt que des casques. (Les cyclistes néerlandais, dans l’ensemble, ne portent pas de casque lorsqu’ils font du vélo, et pourtant il n’y a pas d’épidémie de traumatismes crâniens aux Pays-Bas).

D’autres universitaires sont d’accord. Dans un article publié en 2012, le Dr Harry Rutter, épidémiologiste spécialisé dans l’activité physique, affirmait que « la plupart des risques de blessures graves à vélo ne sont pas intrinsèques à l’activité – les automobilistes les imposent aux cyclistes« .

Signé : Vélove

Source: https://www.forbes.com/sites/carltonreid/2018/11/14/motorists-punish-helmet-wearing-cyclists-with-close-passes-confirms-data-recrunch/#4b0f3ca24859